L’opéra qui ne voulait pas de révolution

La Belgique improbable · Épisode 6

L'opéra qui ne voulait pas de révolution

La Belgique serait née un soir de 1830, d'un air d'opéra à la Monnaie. Sauf que l'opéra racontait un échec, que le roi l'avait applaudi un an plus tot, et que le récit vient du camp des perdants.

Chronik.be·Histoire · Belgique·20 min de lecture

Au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles est accroché un tableau de près de sept mètres de long. On y voit la place de l'Hotel de Ville, un drapeau noir jaune rouge dressé vers un ciel d'orage, des combattants aux poses héroiques, un mort qu'on soulève, une jeune femme à demi dénudée qui agonise, un enfant qui rampe entre les corps. C'est l'image que la Belgique a gardée de sa révolution. Elle est fausse, au sens où elle n'a rien d'un document.

Ce tableau, Épisode des journées de septembre 1830 sur la place de l'Hotel de Ville de Bruxelles, a été peint par Gustave Wappers et achevé en 1835, cinq ans après les faits. Il a été commandé sur fonds publics au moment où le jeune régime cherchait à se donner des images. Wappers était le peintre attitré de Léopold Ier. Il avait séjourné à Paris, y avait vu La Liberté guidant le peuple de Delacroix, et il en reprend la formule : composition pyramidale, drapeau au sommet, mélange de héros et de cadavres. Présenté au public en septembre 1835, pendant les commémorations, le tableau fut aussitot salué comme le symbole de l'identité du nouveau royaume. La presse s'enthousiasma, une médaille commémorative fut frappée, des lithographies partirent orner les salons bourgeois.

Retenez le mécanisme, parce que c'est tout le sujet. Un événement confus, étalé sur des jours, aux causes économiques et sociales, est recomposé après coup en une scène unique, lisible, glorieuse. Ce que Wappers fait avec un pinceau en 1835, tout un pays l'a fait avec un récit. Et ce récit, le voici.

Il tient d'habitude en une image, elle aussi. 25 aout 1830, au Théatre de la Monnaie. Sur scène, un opéra, La Muette de Portici. Le grand duo patriotique éclate, "Amour sacré de la patrie, rends-nous l'audace et la fierté". La salle s'enflamme, sort dans la rue aux cris de "Aux armes", et la Belgique nait d'un air de musique. C'est le genre d'histoire qu'on aime raconter et qu'on n'a pas envie de vérifier. Vérifions-la quand meme.

Un opéra qui raconte un échec

Commençons par l'oeuvre, car personne ne pense jamais à la lire. La Muette de Portici, musique de Daniel-François-Esprit Auber, livret d'Eugène Scribe et Germain Delavigne, est créée à Paris le 29 février 1828. Elle raconte la révolte de Masaniello, un pecheur napolitain soulevé en 1647 contre l'occupant espagnol. Et cette révolte échoue. Masaniello, empoisonné, sombre dans la folie, sauve pourtant la fille de son ennemi, puis meurt. Le Vésuve entre en éruption. La foule se disperse dans le chaos et l'ordre est rétabli. Le message politique de l'opéra n'est pas un appel à l'insurrection, c'est un avertissement : les soulèvements populaires finissent dans le sang et le désordre. Cet échec dramatique n'est pas un hasard. Il a valeur de sauf-conduit. C'est parce que le peuple y perd que la censure a laissé passer l'oeuvre.

D'où un fait que le récit héroique efface soigneusement. La meme Muette de Portici avait déjà été jouée à Bruxelles en février 1829, et Guillaume Ier y assistait, sa famille donnant elle-meme le signal des applaudissements. Un an et demi avant la révolution, l'opéra prétendument séditieux était applaudi par le roi qu'il devait renverser. Le qualificatif de "révolutionnaire" n'est pas dans la partition. Il a été projeté dessus.

Cette projection a meme une date, et elle précède l'émeute d'un mois. Dès la fin juillet 1830, dans la foulée des Trois Glorieuses parisiennes, la presse patriotique bruxelloise repère le potentiel de certains vers. Le Courrier des Pays-Bas signale l'air "Amour sacré de la patrie" dans son numéro du 30 juillet. Autrement dit, ce n'est pas l'opéra qui a soufflé la révolte au public. C'est un public déjà chauffé qui est venu chercher dans l'opéra ce qu'il voulait y entendre, contre le sens de l'oeuvre.

Un baril déjà plein

Car la véritable histoire n'est pas celle d'une étincelle, mais celle d'un baril déjà plein. Il faut décrire ce baril, puisque le récit de la belle soirée existe précisément pour ne pas avoir à le faire. La misère, d'abord. La récolte de 1829 avait été mauvaise, le prix du pain avait doublé, et les débuts de la mécanisation jetaient à la rue des milliers d'ouvriers du textile et de la métallurgie. L'hiver 1829 avait été terrible. Le petit peuple des villes du Sud avait faim, et cette faim est le carburant que le mythe de l'opéra recouvre d'un beau vernis.

Le déni politique, ensuite. Dans le royaume uni des Pays-Bas, les provinces méridionales, plus peuplées, restaient sous-représentées dans l'administration et les hautes fonctions. S'y ajoutaient un contentieux fiscal, la question de la dette publique commune héritée du Nord, un conflit religieux entre un Sud catholique et un pouvoir protestant qui controlait l'enseignement, et une politique linguistique imposant le néerlandais à des populations francophones. La contagion, enfin. En juillet 1830, Paris avait chassé Charles X en trois jours. Les journaux français circulaient, on les lisait à voix haute, des rubans tricolores apparaissaient, des anciens soldats de l'Empire descendaient vers Bruxelles. L'opéra n'a pas allumé cet incendie. Il a été, au mieux, l'étincelle sur une poudre accumulée depuis des années.

Sur ce point, les historiens sont nets, et il faut le dire d'autant plus fort que le mythe raconte l'inverse. La révolution belge de 1830 ne fut pas préméditée. De 1828 à 1830, l'opposition qui unissait catholiques et libéraux, l'unionisme, était restée dans la légalité : pétitions, campagnes de presse, revendication des libertés d'enseignement et de la presse. Personne, dans ce mouvement, ne visait un renversement, encore moins une indépendance. Quant à la soirée du 25 aout, les études les plus sérieuses, notamment celles qui ont suivi les travaux de Sonia Slatin et de James Billington sur l'opéra et le sentiment national, la ramènent à sa juste mesure : La Muette de Portici a joué le role de catalyseur d'un mécontentement déjà là, dans une ville dont la tension, ce soir-là, n'était pas supérieure à celle des jours précédents. Catalyseur, pas cause. Toute la différence est dans ce mot, et c'est précisément le mot que le mythe supprime.

Le roi a programmé sa propre chute

Vient alors l'ironie que le récit national ne relève jamais. C'est le pouvoir lui-meme qui a autorisé la représentation. Après les événements de Paris, les autorités de Bruxelles avaient multiplié les précautions : renforcement de la garnison, annulation d'un exercice de la garde communale, suppression du feu d'artifice et des illuminations prévus pour l'anniversaire du roi, et retrait de La Muette de l'affiche, jugée trop inflammable. Puis la pression monta pour qu'on la redonne, une pression venue à la fois d'étudiants agités et de l'élite orangiste qui tenait à son spectacle. Guillaume Ier trancha en faveur de la représentation, fixée au 25 aout, en pleine période des célébrations de son anniversaire. Par excès de confiance ou par souci d'apaisement, le souverain a programmé de sa main l'opéra qui allait servir de détonateur à sa propre chute. Aucun scénariste n'oserait l'écrire.

Que s'est-il passé exactement dans la salle ? Le déroulé général est connu, le détail ne l'est pas, et cette incertitude est instructive. Pour certains témoins, le point de bascule fut le duo du deuxième acte, "Amour sacré de la patrie", lancé par le ténor français Jean-François Lafeuillade dans le role de Masaniello, et repris debout par une partie du parterre. Pour d'autres, ce fut le "Aux armes" du troisième acte, hache brandie, tocsin, choeur. On sait de source plus sure que la représentation fut interrompue avant la fin, le cinquième acte couvert de huées pour hater la sortie, et que la foule, rejointe par ceux qui attendaient dehors, se porta d'abord sur les bureaux du journal Le National, qu'elle saccagea, puis sur la maison d'un ministre honni. On rapporte meme que le Courrier des Pays-Bas aurait glissé, avant la représentation, un appel codé invitant les spectateurs à quitter la salle avant l'acte cinq. L'information demande prudence, mais si elle est exacte, le "spontané" avait été préparé. Retenez surtout ceci : quand un moment fondateur existe en quatre ou cinq versions concurrentes, ce n'est plus un fait, c'est un mythe en train de prendre.

Le récit vient du camp des perdants

Reste la question que personne ne pose, et qui renverse tout : qui a eu intéret à raconter que "c'est l'opéra qui a déclenché la révolution" ? La réponse est inattendue. Ce sont surtout les auteurs du camp perdant, les orangistes et les partisans de La Haye, qui ont insisté sur le role de la soirée et sur la complaisance de la censure. La figure centrale s'appelle Georges Libri-Bagnano, journaliste d'origine florentine, réputé proche conseiller de Guillaume Ier, fondateur du National, ce journal dont les insurgés brisèrent les presses le soir du 25 aout avant de réclamer sa tete. Il en réchappa caché sur les toits, puis publia un récit des événements qui accablait l'opéra et la mollesse du pouvoir. La logique de ce camp est limpide. Attribuer une révolution à un spectacle mal surveillé et à une police trop douce, c'est en faire un accident, une défaillance administrative, un dérapage qu'un peu de fermeté aurait évité. C'est nier, surtout, qu'un peuple entier avait des raisons profondes et anciennes de se soulever.

« Le camp hollandais avait fabriqué le récit pour dédouaner le régime. Le camp belge l'a conservé parce qu'il le flattait. Le mythe, orphelin de vérité, a prospéré sur cette double complaisance. »

Le paradoxe, et il est délicieux, c'est que la jeune Belgique a récupéré une explication forgée du coté de ses adversaires. Parce qu'elle l'arrangeait, pour des raisons inverses. Une nation surgie d'un sublime moment d'art, portée par l'émotion et la musique, offre une origine noble, romantique, présentable. Une émeute de la faim déclenchée par la contagion française et le prix du pain l'est beaucoup moins. Chacun y trouvait son compte. C'est exactement ce que faisait le tableau de Wappers : transformer du sang en tableau d'honneur.

La fabrication en direct, chaque été à Ath

Et ce récit, la Belgique le chante encore aujourd'hui, dans une scène où l'on peut observer la fabrication à l'oeuvre en direct. Chaque quatrième dimanche d'aout, à Ath, dans le Hainaut, le cortège des géants traverse la ville, et parmi les groupes défile le Canon du Mont Sarah. Une figure populaire, Marie-Anne Leroy, lance une harangue en picard : son frère revient de la diligence de Bruxelles, on s'y bat déjà, et les Athois ne vont pas rester les bras ballants. La foule répond "À Bruxelles", puis "Vive la liberté", l'air d'Auber monte, repris par des milliers de gorges dont la plupart ignorent d'où vient cette mélodie, et le canon tonne.

Or, dans ce tableau vivant, presque chaque élément est un fait réel déplacé. Le canon, d'abord, existe et a bel et bien servi. Ceci n'est pas une légende : le registre des volontaires de 1830 nomme Paul-Joseph Algrain, commis voyageur domicilié à Ath, qui contribua à l'enlèvement d'une pièce de canon et l'amena à Bruxelles le 10 septembre 1830, et l'inventaire de l'artillerie insurgée des Quatre Jours de Bruxelles recense quatre petites pièces venues d'Ath, de Genappe et de Wavre, dont ce canon du Mont Sarah. Dans la nuit du 9 au 10 septembre, une douzaine d'hommes avaient chargé la vieille pièce d'exercice sur une charrette, l'avaient recouverte de paille et étaient partis vers la capitale. Voilà pour le fait. Le montage commence après. La harangue de Marie-Anne Leroy, elle, ne date pas de cette nuit-là mais du 27 septembre, jour de marché, et elle ne visait pas Bruxelles mais la garnison hollandaise retranchée dans Ath meme. Dix-sept jours séparent les deux épisodes, que le folklore a fondus en une seule image. Mieux encore : Marie-Anne Leroy n'est jamais allée à Bruxelles. Elle est restée à Ath, où elle est morte l'année suivante. Chaque été, on la fait donc partir vers une ville qu'elle n'a jamais rejointe. Quant au groupe qui met tout cela en scène, il n'est pas né dans la ferveur de 1830 ni meme au dix-neuvième siècle : il a été créé en 1975, sur une idée lancée quelques mois plus tot, pour absorber un afflux de figurants dans un cortège qui manquait de bras. Rien n'est inventé de toutes pièces, tout est arrangé. C'est la définition meme du roman national.

Et pour qui en douterait, le meme cortège en fournit une seconde preuve, à une autre échelle. Parmi les géants d'Ath défile un personnage nommé Ambiorix. Ce géant est ancien, attesté au dix-huitième siècle, mais il ne s'appelait pas ainsi. Il portait le nom de Tirant et représentait le géant des archers. On l'a rebaptisé Ambiorix en 1850. La documentation patrimoniale athoise l'explique elle-meme sans détour : il s'agissait d'enseigner au jeune peuple belge, indépendant depuis vingt ans, que son pays possédait des racines glorieuses et antiques. Ce bapteme de 1850 précède de seize ans l'achèvement de la statue d'Ambiorix à Tongres, en 1866, inaugurée en 1868 en présence de Léopold II. Et il s'inscrit dans un mouvement européen, non belge : la meme année 1865, la France dressait à Alise-Sainte-Reine un colossal Vercingétorix. Le procédé était si standardisé que Jules Bertin, le sculpteur d'Ambiorix, livra plus tard un Vercingétorix pour Saint-Denis qui n'était qu'une variante de son héros gaulois précédent. Le meme bronze, le meme chef barbu drapé, recyclé d'une nation à l'autre. On ne saurait mieux démontrer que la fabrication d'ancetres n'était pas une bizarrerie belge mais une industrie continentale.

Fabriqué ne veut pas dire faux

Il faut le reconnaitre, car c'est l'objection sérieuse qu'on adresse à ce genre de série : toutes les nations font cela. L'Italie, unifiée en 1861, l'Allemagne en 1871, la France de la Troisième République qui invente ses "ancetres les Gaulois", les États-Unis et leurs Pères fondateurs, aucune n'échappe à la règle décrite jadis par Benedict Anderson et Eric Hobsbawm : la nation moderne est une communauté imaginée, équipée après coup d'un passé qui la rend nécessaire. Cette universalité ne dément pas le propos, elle le protège. Elle interdit de conclure que la Belgique serait un pays "artificiel" à jeter aux orties, puisque toutes le sont autant. Elle interdit aussi bien l'inverse, l'idée d'une Belgique millénaire coulant naturellement vers 1830. Un fait mérite d'ailleurs d'etre opposé aux uns comme aux autres : en tant qu'État constitué, la Belgique est plus ancienne que l'Italie et que l'Allemagne. Fabriqué ne veut pas dire faux, et ne veut pas dire fragile.

Reste à dire ce que le mythe cache et ce qu'il révèle, car il fait les deux. Il cache la misère sociale comme premier moteur, il cache le role déclencheur de la France dans une révolution qu'on veut croire purement belge, et il cache le caractère improvisé, longtemps réversible, de tout le processus. Jusqu'à la fin septembre, une simple séparation administrative sous la dynastie d'Orange restait sur la table, et Guillaume Ier finit par l'accepter, trop tard. L'indépendance ne fut proclamée que le 4 octobre 1830, par un gouvernement provisoire constitué dans la précipitation quelques jours plus tot. Rien, dans cet enchainement, n'était écrit. Il faut ajouter une réserve que le récit efface : en aout 1830, l'événement est d'abord bruxellois et social, et ce n'est qu'ensuite, avec les volontaires venus de province, dont ceux d'Ath et leur canon, qu'il s'étend au reste du territoire. Parler d'emblée d'un "peuple belge" soulevé comme un seul homme, c'est déjà projeter en arrière une unité qui n'existait pas encore.

Mais le mythe révèle aussi une vérité, la plus profonde peut-etre. Un État qui s'assemble par compromis a besoin, plus qu'un autre, d'une scène fondatrice qui le rassemble. Et celui-ci a choisi l'art plutot que le pain, l'émotion plutot que l'économie, une soirée à l'opéra plutot qu'une révolte de la faim. Ce choix est cohérent avec tout le reste : des ancetres empruntés à l'Antiquité, des gloires médiévales annexées, un géant de foire rebaptisé, un canon déplacé de dix-sept jours, un tableau peint cinq ans après. La belle naissance est le dernier étage de cette construction. Après s'etre inventé des racines, le pays s'est offert une origine chantante.

Il reste alors une dernière question, celle que la scène de la Monnaie escamote toujours. Les Bruxellois ont bien gagné dans la rue, en septembre 1830, contre l'armée hollandaise. Mais qui a décidé de la forme réelle du pays, de ses frontières, de la neutralité qu'on allait lui imposer, et de ce roi venu d'ailleurs qu'on allait lui donner ? Pas la Monnaie. Pas les insurgés. Cela s'est décidé ailleurs, entre grandes puissances, autour d'une table, dans une ville où aucun émeutier n'avait mis les pieds. Londres. Ce sera le prochain épisode.

Sources et bibliographie
Sources en ligne
  • →Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, notice de l'oeuvre de Gustave Wappers, Épisode des journées de septembre 1830 ; Google Arts and Culture (contexte et commande).
  • →Wikipédia, "Épisode des Journées de Septembre 1830" (commande de 1832, style delacrucien, présentation de 1835).
  • →EHNE, Encyclopédie d'histoire numérique de l'Europe, "La révolution belge de 1830-1831" (role de catalyseur de l'opéra, contexte français).
  • →MJP Université de Perpignan, textes de 1830-1831 (chronologie des Journées de septembre, séparation administrative votée le 29 septembre).
  • →Wikipédia, "Révolution belge" et "Histoire de la Belgique de 1830 à 1914" (Quatre Jours de Bruxelles, gouvernement provisoire, Congrès national).
Sur la légende de l'opéra et sa remise en cause
  • →RTBF, dossier "La Muette de Portici, histoire(s) de révolution(s)", entretien avec le musicologue Xavier Falques ; Le Passe belge, "Une Muette de Portici fort peu révolutionnaire" (2018).
  • →L'Influx, magazine des Bibliothèques de Lyon, "La Muette de Portici, histoires et Histoire" (représentation de 1829 devant Guillaume Ier, role de Libri-Bagnano) ; Focus on Belgium (SPF), mise au point sur les causes économiques.
  • →Voxeurop, "The opera Belgium can't see" (refus de Peter De Caluwe de monter l'oeuvre à Bruxelles dans les années 2010).
Sur Ath, le canon et le cortège
  • →Ville d'Ath, site officiel de la Ducasse, rubrique "Composition du cortège", et Visit Ath (groupe du Canon du Mont Sarah, harangue de Marie-Anne Leroy).
  • →La Dernière Heure, "Le Canon du Mont Sarah fete ses 40 ans" (2015), sur la création du groupe en 1975.
Bibliographie savante
  • →Anne Morelli (dir.), Les grands mythes de l'histoire de Belgique, de Flandre et de Wallonie, EVO, Bruxelles, 1995 (rééd. 2014).
  • →Els Witte, La construction de la Belgique, 1828-1847, Nouvelle Histoire de Belgique, Complexe, Bruxelles.
  • →Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, Racine, Bruxelles, 2000-2002.
  • →Sonia Slatin, "Opera and Revolution: La Muette de Portici and the Belgian Revolution of 1830 Revisited", Journal of Musicological Research ; James H. Billington, Fire in the Minds of Men.
  • →Benedict Anderson, L'imaginaire national, La Découverte ; Eric Hobsbawm, L'invention de la tradition ; Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, Seuil, 1983.
Note de méthode

Le moment exact du déclenchement en salle, duo de l'acte II ou "Aux armes" de l'acte III, reste discuté : aucune version n'est présentée ici comme la seule vraie. L'appel codé du Courrier des Pays-Bas avant l'acte V est un élément fragile, laissé au conditionnel.

Sur Ath, les faits sont établis (registre des volontaires, inventaire des Quatre Jours) : la mythification est chronologique (canon parti le 10 septembre, harangue le 27) et biographique (Marie-Anne Leroy n'est jamais allée à Bruxelles). L'anniversaire de Guillaume Ier, né le 24 aout 1772, tombait la veille de la représentation ; il fetait ses 58 ans, non ses 59 comme l'écrivent plusieurs sources.

Prochain épisode · La Belgique improbable
Les insurgés ont gagné dans la rue. Mais les frontières, la neutralité et le roi venu d'ailleurs se sont décidés autour d'une table, dans une ville où aucun émeutier n'avait mis les pieds : Londres.
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Écrit par Ibne Muna · Chronik.be · La Belgique improbable · Épisode 6

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