Le roi qu’on n’a jamais osé destituer

La Belgique improbable · Épisode 11

Le roi qu'on n'a jamais osé destituer

La Question royale, 1940-1951. Onze années de crise, trois déclarations d'empechement, des dizaines de milliers de grévistes, quatre morts, et pas une seule décision. Un pays qui n'a jamais destitué son roi, ni voulu de lui.

Chronik.be·Histoire · Belgique·24 min de lecture

Une salle des mariages à Limoges

Le 31 mai 1940, dans la salle des mariages de l'hotel de ville de Limoges, des parlementaires belges en fuite jugent leur roi.

Ils sont là parce que la Belgique n'existe plus comme territoire administrable. L'armée a capitulé trois jours plus tot. Le gouvernement s'est replié en France avec deux millions de réfugiés. Les députés et sénateurs qui ont pu suivre se retrouvent dans une mairie du Limousin, faute de Parlement.

Ce qu'ils votent ce jour-là entre dans l'histoire sous le nom de résolution de Limoges. Elle flétrit la capitulation dont Léopold III a pris l'initiative et constate l'impossibilité juridique et morale, pour lui, de continuer à régner. Aucun régent n'est désigné : ils ne sont pas assez nombreux pour le faire régulièrement. Hubert Pierlot, légaliste jusqu'au bout, écarte fermement l'idée que certains poussent dans les couloirs, celle d'en finir avec la monarchie.

Quatre mois plus tard, le 15 septembre 1940, septante-quatre de ces memes parlementaires signent un mémorandum d'excuses qu'ils font transmettre au roi, prisonnier à Laeken.

Entre mai et septembre, aucun fait nouveau n'est venu modifier le dossier. Ce qui a changé, c'est l'identité du camp qui semblait gagner la guerre. La France s'est effondrée en six semaines. Miser sur Londres ressemblait soudain à une imprudence.

Voilà, en miniature, toute la Question royale. Onze années de crise, trois déclarations d'empechement, des dizaines de milliers de grévistes, quatre morts, et pas une seule décision. Un pays qui n'a jamais destitué son roi, qui n'a jamais voulu de lui non plus, et qui a passé une décennie à chercher des mots pour ne pas avoir à choisir.

Ce que le roi a fait

Commençons par la question que personne ne pose franchement. De quoi l'accuse-t-on ?

Le 25 mai 1940, au chateau de Wynendaele près de Torhout, Léopold III reçoit quatre de ses ministres. L'armée se bat sur la Lys et va perdre. Ils exigent qu'il quitte le pays pour continuer la guerre depuis l'étranger, comme la reine Wilhelmine vient de le faire pour les Pays-Bas. Il refuse. Il est commandant en chef, il restera avec son armée. Pour ses ministres, un roi des Belges n'agit jamais sans eux : c'est la règle qui fonde la monarchie depuis 1831, et il vient de la briser.

Le 28 mai, après dix-huit jours de combats, l'armée belge dépose les armes. Le président du Conseil français Paul Reynaud parle de félonie à la radio. L'accusation est militairement injuste, la Belgique s'étant battue seule et longtemps, mais elle est reprise partout. Le meme jour, Pierlot déclare sur les ondes que la capitulation n'engage pas le pays et délie les officiers et les fonctionnaires du devoir d'obéissance qu'implique leur serment envers le roi.

Suit une occupation de quatre ans, pendant laquelle le roi vit assigné à résidence au chateau de Laeken. Ce n'est pas un camp : il garde son entourage et son secrétariat.

En novembre 1940, il commet l'acte qui pèsera le plus lourd. Le 19, il se rend à Berchtesgaden, dans la résidence alpine d'Hitler. L'entrevue a été arrangée par sa soeur Marie-José, princesse héritière d'Italie, après une première tentative manquée à Yvoir en octobre. Trois hommes dans la pièce, un peu plus de deux heures. Le roi demande du ravitaillement pour la population, un allègement des charges d'occupation, la libération des prisonniers encore détenus et des garanties sur l'avenir de la Belgique.

Il n'obtient rien. Pas une concession.

Le problème n'est donc pas ce qu'il a concédé, puisqu'il n'a rien concédé. Le problème est qu'un souverain se présentant comme prisonnier s'est déplacé pour négocier avec l'homme qui occupait son pays, et qu'il l'a fait en secret. Le public belge n'apprendra l'existence de cette rencontre qu'en juillet 1945, quelques semaines après la libération du roi, c'est-à-dire au moment précis où s'ouvre la question de son retour. Difficile d'imaginer un plus mauvais calendrier.

Le 11 septembre 1941, il épouse religieusement Lilian Baels, fille du gouverneur de Flandre occidentale, ancien ministre. Le mariage civil ne suivra qu'en décembre, ce que la loi belge interdit, et le pays l'apprendra par une lettre du cardinal Van Roey lue dans les églises. Léopold III était le veuf d'Astrid, morte en 1935 et pleurée par tout un pays. Il se présentait par ailleurs comme un prisonnier partageant le sort de ses soldats. Il détruit les deux images d'un seul coup, alors que des dizaines de milliers de soldats belges sont encore enfermés en Allemagne.

En janvier 1944, il rédige un testament politique destiné à etre lu à la Libération. Il y exige que ses ministres reconnaissent leurs torts et conteste les engagements internationaux pris en son absence par le gouvernement de Londres. Ce que ce texte réclame, au fond, c'est réparation pour Limoges. Il ne l'a jamais pardonné.

En juin 1944, les Allemands le déportent. Les Américains le libèrent le 7 mai 1945.

Le jugement le plus solide n'est donc pas celui de trahison, et il est plus dur. Léopold III n'a jamais collaboré : un chef d'État déporté par l'occupant n'est pas un collaborateur. Mais après l'échec de Berchtesgaden, il n'a plus rien fait. Il n'a pas encouragé la Résistance, il n'a pas freiné la collaboration. Il s'est abstenu pendant quatre ans, convaincu que la guerre était perdue et qu'il incarnait à lui seul la continuité du pays. C'est cette conviction, plus qu'aucun acte isolé, que la moitié de la Belgique lui a refusée.

Deux pays, deux guerres

Reste à expliquer pourquoi, dix ans plus tard, le meme homme sera plébiscité au nord et rejeté dans les bassins industriels du sud. La réponse n'est pas dans les tempéraments.

À partir de la fin de 1940, l'occupant renvoie chez eux les prisonniers de guerre belges néerlandophones et garde les francophones. C'est une pièce de sa politique de division du pays. Selon l'historien Hervé Hasquin, les prisonniers encore détenus à la Libération, environ soixante-cinq mille hommes, étaient presque tous francophones. Le meme Hasquin relève que Léopold III ne s'est pas opposé à ce tri.

Il faut mesurer ce que cela produit. En Flandre, pour beaucoup de familles, la guerre se termine dès 1940. En Wallonie, un père ou un frère reste cinq ans derrière les barbelés. On ne juge pas un souverain de la meme manière selon le coté où l'on se trouve de cette frontière-là.

S'y ajoute la répression de la collaboration après 1945. La collaboration organisée ayant été plus massive au nord, cette répression y est vécue comme une punition collective et y nourrit un ressentiment durable. Un roi lui aussi soupçonné d'avoir composé avec l'occupant y suscite mécaniquement plus d'indulgence.

Et il y a le facteur le plus simple. Le monde catholique était puissant en Flandre, il était léopoldiste sans réserve, et le cardinal Van Roey a soutenu le retour du roi sans jamais varier.

Le verrou

Revenons au mécanisme, parce que c'est lui le vrai sujet.

Dès le 28 mai 1940, le conseil des ministres constate officiellement l'impossibilité de régner et décide d'exercer collectivement les prérogatives royales. Les actes seront désormais pris sous une formule inédite : au nom du peuple belge, nous, ministres réunis en conseil. Le gouvernement s'épargne ainsi le choix d'un régent, impossible dans la débacle. Limoges entérine trois jours plus tard.

La clause invoquée avait été écrite pour un souverain dans le coma ou frappé de démence. Appliquée à un roi tombé aux mains de l'ennemi, elle se défend encore. Le 20 septembre 1944, un Parlement enfin réuni la formalise et élit le prince Charles régent. Là non plus, rien de choquant : le roi est alors déporté en Allemagne.

Tout bascule le 7 mai 1945. Ce jour-là, l'empechement matériel disparait. La logique voudrait qu'on lève le dispositif.

Il ne sera pas levé. Le gouvernement d'Achille Van Acker s'y oppose, la majorité parlementaire aussi, et ce qui avait été présenté comme un constat provisoire devient un verrou politique. Il tiendra cinq ans. Le prince Charles restera régent jusqu'en juillet 1950. Le roi, lui, s'installe à l'automne 1945 dans un chateau près de Genève.

La Belgique soutient donc officiellement qu'un homme libre, en bonne santé, résidant en Suisse, se trouve dans l'impossibilité de régner. Tout le monde sait que la phrase exacte serait autre. Personne ne la prononce, parce que la prononcer obligerait à ouvrir un débat constitutionnel que le pays refuse.

Pendant ce temps, trois blocs se neutralisent. Les catholiques, réunis depuis 1945 dans un parti unique, veulent le retour du roi. Socialistes et libéraux le refusent. Les communistes, à leur apogée en 1946 puis en effondrement, le refusent avec véhémence. De 1947 à 1949, la coalition dirigée par Paul-Henri Spaak bloque toute idée de vote populaire.

On consulte le peuple en lui disant que sa réponse ne compte pas

Aux élections du 26 juin 1949, les femmes votent pour la première fois à des législatives et le camp catholique progresse. Le gouvernement social-chrétien et libéral de Gaston Eyskens accepte le 16 octobre le principe d'une consultation.

Nouvel obstacle : la Constitution belge ne prévoit pas le référendum. Les pouvoirs s'exercent par les représentants élus, et par eux seuls. C'est encore vrai aujourd'hui.

La loi du 11 février 1950 invente donc un objet politique curieux. Tous les électeurs sont convoqués, le vote est obligatoire, la question est ciselée, et le gouvernement précise que l'ensemble ne constitue qu'une statistique d'opinion. On demande au pays de trancher en lui expliquant d'avance que sa réponse n'obligera personne.

Léopold III y ajoute sa règle personnelle : il ne rentrera qu'au-delà de 55 %. Ce seuil ne figure nulle part. Le joueur fixe lui-meme les conditions de la partie.

Restait à décider comment compter. Le débat parlementaire, sur ce point, mérite d'etre lu. Les partisans d'un total national unique avancent que la Belgique est une nation unitaire, que la question concerne le pays entier, et qu'un dépouillement détaillé créerait délibérément des clivages entre Belges. Autrement dit, ils redoutent ce que la carte va montrer. Ils perdent. Le décompte se fera par arrondissement.

Le vote du 12 mars 1950
  • →57,68 % de oui au niveau national (2 933 382 voix contre 2 151 881 non), sur un peu plus de cinq millions de suffrages.
  • →72,2 % de oui en Flandre, avec des pointes autour de 85 % à Roulers, Turnhout, Tongres et Hasselt.
  • →42 % de oui en Wallonie. Seules Liège et le Hainaut votent non, mais ce sont les plus peuplées. Namur, le Luxembourg et Verviers (60 %) votent oui.
  • →48 % de oui dans l'arrondissement de Bruxelles.

La lecture communautaire s'impose en quelques heures. Elle est largement fausse. Coté flamand, l'unanimité est réelle : tous les arrondissements approuvent le retour à plus de deux tiers. Coté wallon, il n'y a aucun bloc. Deux provinces seulement votent non, Liège et le Hainaut, et cela suffit à faire basculer le total parce qu'elles sont les plus peuplées.

Le clivage le plus explicatif n'est d'ailleurs pas géographique. Le camp du oui est catholique et rural, le camp du non est laique, ouvrier et urbain. Mars 1950 oppose deux mondes sociaux avant d'opposer deux langues. La comparaison avec le référendum italien de 1946 sur la monarchie achève de le montrer : une fracture nord-sud tout aussi spectaculaire y était apparue, dans un pays d'une seule langue.

Peu importe, au fond, que la lecture communautaire soit exacte. Ce qui compte, c'est qu'elle est devenue immédiatement utilisable, et que les deux camps s'en sont saisis dans la semaine.

Dix jours

Le 4 juin 1950, des élections anticipées donnent au parti social-chrétien 47 % des voix et, par le jeu de la proportionnelle, la majorité absolue dans les deux Chambres. C'est la dernière fois qu'un parti seul y parvient dans l'histoire belge. Jean Duvieusart forme un gouvernement dont le programme tient en deux lignes.

Les 19 et 20 juillet, les Chambres réunies constatent la fin de l'impossibilité de régner. L'opposition quitte la salle. Le 22 juillet au matin, Léopold III atterrit à Evere avec ses deux fils ainés, après six ans d'absence.

Tout est légal, et rien ne tiendra. Grève politique nationale, plus d'une centaine d'attentats et de sabotages, gendarmes désarmés dans les rues de Liège, drapeaux belges décrochés des maisons communales et remplacés par le drapeau wallon.

Le dimanche 30 juillet, à Grace-Berleur, quatre à six cents personnes bravent une interdiction pour écouter le député socialiste Simon Paque. Une section de dix gendarmes intervient, se retrouve encerclée, lance une grenade lacrymogène qui n'explose pas, puis ouvre le feu. Albert Houbrechts, Henri Vervaeren, Pietro Cerepana meurent sur place. Joseph Thomas succombera à ses blessures.

Ce qui s'est réellement passé n'a jamais été établi. L'instruction se solde par un non-lieu en 1955. En 2012, à nonante-huit ans, l'adjudant qui commandait la section sort de son silence pour défendre la thèse du tir de sommation dévié. D'autres travaux soutiennent celle de tirs délibérés. Il n'existe pas de vérité judiciaire dans ce dossier.

Le 31, à Charleroi, le député André Gailly évoque un recours à l'ONU devant une foule considérable. Des personnalités wallonnes réunissent les éléments d'un gouvernement provisoire. Une marche sur Bruxelles est fixée au lendemain, et certains de ses participants sont armés.

« Neuf jours après un retour parfaitement légal, le pays est au bord de la guerre civile. »

Le mot qu'il a fallu inventer

La nuit du 31 juillet au 1er aout, au chateau de Laeken, un accord intervient après une médiation de la Confédération nationale des Prisonniers politiques. Le roi demande au Parlement de voter une loi déléguant ses pouvoirs à son fils.

Se produit alors une chose remarquable. Le réflexe serait de nommer un régent, comme en 1944. Impossible : la régence suppose un roi empeché de régner, et les Chambres viennent de constater, dix jours plus tot, qu'il ne l'est plus. En levant le verrou pour faire rentrer le roi, la majorité s'était fermé la seule porte de sortie ordinaire.

Il faut donc bricoler. Le 11 aout 1950, Baudouin, dix-neuf ans, prete le serment constitutionnel sous un titre créé pour l'occasion, prince royal. Ni roi, ni régent. Son père reste juridiquement roi des Belges. Le pays se retrouve avec un souverain qui règne sans exercer et un fils qui exerce sans régner. Cela durera onze mois, jusqu'à l'abdication du 16 juillet 1951.

Le mot employé à l'époque n'est ni abdication, ni destitution, ni renoncement. On parle d'effacement. Il ne figure dans aucun texte constitutionnel et il décrit avec une précision involontaire ce que le pays a fait : ne pas trancher, et attendre que le temps rende la question sans objet.

Une semaine après le serment de Baudouin, le 18 aout 1950, Julien Lahaut, président du Parti communiste, est abattu sur le pas de sa porte à Seraing. L'enquete historique confiée au CegeSoma et remise au Sénat en 2015 conclut à un crime commandité au sein d'un réseau anticommuniste financé en partie par de grands holdings inquiets de leurs intérets au Congo. Les exécutants sont connus depuis 1986. Le commanditaire final ne l'est toujours pas.

Ce qui reste

Faisons les comptes. Trois constats d'empechement, en mai 1940, en septembre 1944, puis levé en juillet 1950. Une consultation populaire dont on avait décidé d'avance qu'elle n'obligerait personne. Un effacement qui n'existe dans aucun texte. Et, tout au bout, une abdication volontaire. Onze ans, et jamais une décision.

La leçon que la classe politique en a tirée n'a pas été qu'il fallait mieux compter. Elle a été qu'il fallait cesser de compter le pays comme un seul bloc. Tout ce qui suit procède de là : à partir des années soixante, la Belgique va multiplier les dispositifs empechant qu'une majorité concentrée d'un coté impose quoi que ce soit à l'autre. Attention au raccourci, 1950 n'a pas causé mécaniquement le fédéralisme et les acteurs de l'époque ne raisonnaient pas ainsi. Mais 1950 leur a fourni la démonstration chiffrée qu'ils invoqueront ensuite sans relache.

Il faut pourtant revenir à Limoges pour comprendre le tempérament de ce pays. Septante-quatre parlementaires condamnent leur roi en mai, s'excusent en septembre, et rien entre les deux dates n'a modifié les faits. Seul le pronostic sur l'issue de la guerre avait changé.

Une Belgique qui ne tranche pas, qui ajuste. Ce n'est pas un accident de 1950. C'est une méthode, et elle fonctionne encore.

Sources et bibliographie
Portail de référence
  • →Portail Belgique en guerre (CegeSoma et Archives de l'État) : notices "La Question royale", "Léopold III", "Limoges, mai 40", "La Régence, un interrègne oublié", "Le gouvernement belge de Londres", "L'exode de 1940".
  • →"Capitulation belge de 1940", synthèse et chronologie (Wikipédia).
Travaux historiques
  • →Jean Stengers, Aux origines de la question royale. Léopold III et le gouvernement. Les deux politiques belges de 1940, Duculot, 1980.
  • →Jules Gérard-Libois et José Gotovitch, Léopold III. De l'an 40 à l'effacement, Pol-His, 1991.
  • →M. Dumoulin, E. Gerard, M. Van den Wijngaert, V. Dujardin, Nouvelle Histoire de Belgique, vol. 2, 1905-1950, Complexe, 2006.
  • →Hervé Hasquin, Léopold III de Belgique. Le roi de l'aveuglement, 1934-1945, Éditions du CEP, 2023 (source du tri linguistique des prisonniers).
  • →Jan Velaers et Herman Van Goethem, Leopold III. De koning, het land, de oorlog, Lannoo, 1994.
  • →E. Gerard, W. De Ridder, F. Muller, Qui a tué Julien Lahaut ?, Renaissance du Livre, 2015 ; C. Koninckx, "Les prisonniers politiques et le dénouement de la Question royale, 1949-1950", ULg, 2009.
Analyses institutionnelles
  • →CRISP, Courrier hebdomadaire : n° 646 (1974, dossier Question royale) ; n° 1010, 1020-1021 (1983, "le non-retour") ; n° 1169-1170 (1987, "l'effacement de Léopold III") ; n° 25 (2018, consultation populaire et loi du 11 février 1950).
  • →CRISP, Vocabulaire politique, notices "abdication" et "régence" ; Institut Destrée, Connaitre la Wallonie, sur la consultation du 12 mars 1950.
Sources de première main et presse
  • →Jean Duvieusart, La Question royale. Crise et dénouement, juin, juillet, aout 1950, CRISP, 1975 ; Léopold III, Pour l'Histoire, Racine, 2001 (plaidoyer autant que source).
  • →Résolution de Limoges (31 mai 1940) et mémorandum d'excuses (15 septembre 1940), reproduits dans Gérard-Libois et Gotovitch.
  • →Entretien avec Hervé Hasquin, Paris Match Belgique, 2025 ; La Libre et RTBF sur Grace-Berleur (janvier 2012) ; La Libre sur Julien Lahaut (12 mai 2015).
Note de méthode

Les chiffres du 12 mars 1950 varient d'une source à l'autre pour Bruxelles, entre 48 et 52 % selon qu'on retient l'arrondissement ou l'agglomération. Les données retenues ici sont celles du décompte par arrondissement. Une inversion fautive circule largement, qui attribue 58 % de oui à la Wallonie : c'est l'inverse, la Wallonie a voté non à 58 %.

Les chiffres de la répression de la collaboration ne sont volontairement pas donnés, les décomptes variant selon qu'on retient les dossiers ouverts, les inculpations, les condamnations ou les exécutions.

Les circonstances exactes de la fusillade de Grace-Berleur ne sont pas établies et l'article ne tranche pas entre les deux thèses en présence.

La Belgique improbable
Une Belgique qui ne tranche pas, qui ajuste. Ce n'est pas un accident de 1950. C'est une méthode, et elle fonctionne encore.
Écrit par Ibne Muna · Chronik.be · La Belgique improbable · Épisode 11

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