Votre paille contre un million de tonnes

Épisode 4 · Écologie vs Capitalisme

Votre paille contre un million de tonnes

Il a fallu dix-huit mois pour faire disparaître les pailles des cafés belges. Il a fallu dix-huit ans pour qu'une règle européenne s'applique enfin aux billes de plastique qui tapissent une rivière du Hainaut. Ce n'est pas une question de tonnage.

Chronik.be·Écologie · Industrie · Wallonie·20 min de lecture
Écaussinnes, janvier 2020. Deux agents du service environnement de la commune longent la Sennette, la petite rivière qui traverse les villages avant de rejoindre la Senne. Quelque chose brille dans l'herbe des berges. Ils s'accroupissent.

Des billes de plastique translucides, de la taille d'une lentille. Pas une poignée : des nappes entières, dans la vase, entre les racines, dans les fossés, et jusque dans les champs que la rivière inonde en hiver. Les agents remontent le cours d'eau pour trouver d'où cela vient. Ils marchent longtemps. Les billes sont présentes sur plus de sept kilomètres, et la piste s'arrête à la clôture du zoning pétrochimique de Feluy.

Sept mois plus tôt, l'Europe avait voté l'interdiction de votre paille en plastique. Dix-huit mois plus tard, elle aura disparu des cafés. Voici donc la question de ce dossier, à garder jusqu'à la dernière section : comment un continent capable de faire disparaître une paille des cafés en dix-huit mois peut-il regarder couler des billes industrielles pendant dix-huit ans ?

L'arme

Commençons par comprendre ce que ces billes sont, parce que tout le plastique du monde commence par elles.

On les appelle granulés plastiques industriels, ou pellets. C'est la forme sous laquelle la matière plastique sort des usines pétrochimiques et voyage vers les usines de transformation : de petites sphères ou lentilles de quelques millimètres, faciles à doser, à fondre, à mouler. Avant d'être un emballage, un pare-chocs, un jouet ou un tuyau, chaque objet en plastique a été un tas de billes comme celles-là.

Elles voyagent par citernes entières, par wagons, par sacs d'une tonne. Et elles s'échappent : aux chargements, aux déchargements, aux transvasements, au lavage des citernes, aux accidents de manutention. Une bille tombée ne se ramasse pas : elle roule, le vent la pousse, la pluie l'emporte vers l'avaloir, l'avaloir vers le ruisseau. Elle ne se dégrade pas à échelle humaine, elle se fragmente lentement en microplastiques. Et dans l'eau, sa taille et sa forme la font ressembler à s'y méprendre à des œufs de poisson : les animaux les avalent.

La Commission européenne a fini par chiffrer le phénomène. Dans l'exposé des motifs de sa proposition de règlement, elle estime les pertes de granulés dans l'Union entre 52 000 et 184 000 tonnes par an, ce qui en fait, selon ses propres calculs, la troisième source de rejets non intentionnels de microplastiques. Ce ne sont pas des sacs abandonnés ni des pailles jetées. C'est de la matière première industrielle, perdue avant même d'être devenue un objet.

En amont de la Sennette, derrière la clôture où s'arrêtait la piste des deux agents, se trouve l'un des grands sites pétrochimiques d'Europe. Installé en 1970 par le pétrolier belge Petrofina sur le tout nouveau zoning de Feluy, passé sous pavillon Total lors des fusions de la fin des années 1990, il produit environ 1,2 million de tonnes de polymères par an, le plus gros site du groupe sur le continent selon la RTBF, avec quelque quatre à cinq cents emplois directs. Chaque année, d'après Reporterre, près de 30 000 poids lourds s'y gorgent de billes avant de prendre la route. Et précision qui comptera pour la suite : le site est classé Seveso et relève de la directive européenne sur les installations les plus polluantes, ce qui signifie qu'il figure parmi les sites les plus contrôlés du pays.

Le dossier était déjà vieux

Les agents dressent leur constat, photos à l'appui. Ils pensent mettre au jour un scandale.

Ils se trompent. Le scandale est bien plus vieux qu'eux. Dans les archives, la première plainte d'un riverain pour ces mêmes billes porte une date précise : le 18 novembre 2007, selon l'enquête publiée par Reporterre. Treize ans avant leur promenade le long de la Sennette. Au moment où vous lisez ces lignes, cette pollution est documentée depuis plus de dix-huit ans.

La suite est un dossier administratif et judiciaire, et il faut le dérouler pièce par pièce, parce qu'il ne ressemble pas à ce qu'on imagine. Du côté des autorités locales, personne n'a dormi.

Janvier 2020 : la commune alerte la police de l'environnement, puis dépose plainte auprès du procureur du Roi. La police de l'environnement dresse des procès-verbaux en 2020, puis en 2021, puis en 2022, et demande au fonctionnaire technique de la Région de modifier les conditions d'exploitation du site. C'est fait. Lors de visites de contrôle en octobre 2022, l'administration ne constate plus de nouvel impact et juge les nouvelles conditions efficaces : il faut le dire, parce que c'est dans le dossier, et nous y reviendrons.

30 septembre 2022 : le jour où l'usine fête ses cinquante ans, la fédération d'associations environnementales Canopea dépose plainte à son tour auprès du procureur du Roi, aux côtés de la commune. Le parquet de Charleroi ouvre une information judiciaire.

Et l'entreprise ? Interrogée par la RTBF en juin 2023, elle répond par la voix de son directeur de la communication pour la Belgique : « Le site de Feluy se conforme à toutes les réglementations locales et nationales applicables régissant les déversements de granulés et respecte bien sûr les conditions de son permis d'exploitation. »

L'anatomie du mot, deuxième leçon

Les lecteurs de l'épisode 2 connaissent ce mot, et ils savent quelle question lui poser. Conforme à quoi ?

Pendant toutes ces années, il n'existe aucune règle européenne contraignante sur les pertes de granulés plastiques. Pas de limite, pas d'obligation de mesurer ce qui s'échappe, pas de sanction. Le secteur s'autorégule à travers un programme volontaire au nom apaisant, Operation Clean Sweep, un engagement de bonnes pratiques signé par les industriels eux-mêmes. Volontaire signifie : sans contrôle indépendant, sans comptabilité obligatoire des pertes, sans conséquence en cas de manquement.

Quant à l'information judiciaire, elle bute sur un obstacle qui explique beaucoup : l'imputabilité. Sur le site et autour de lui opèrent TotalEnergies et ses sous-traitants logistiques, dont Katoen Natie et Vos Logistics pour la manutention, et une société de lavage de citernes. Quand une bille est dans la rivière, qui l'a perdue ? Chacun renvoie vers l'autre. Quatre acteurs, zéro responsable, et une enquête qui patine depuis des années.

Résumons l'asymétrie, car c'est elle qui répond à notre question de départ.

Deux plastiques, deux vitesses
La paille
  • Mai 2018.La Commission propose d'interdire une liste de plastiques à usage unique.
  • Juin 2019.Le texte est voté. Treize mois de la proposition au vote.
  • Juillet 2021.Les pailles disparaissent des cafés.
La bille
  • Nov. 2007.Premier signalement documenté d'un riverain de la Sennette.
  • Oct. 2023.La Commission propose enfin un règlement. Seize ans plus tard.
  • Nov. 2025.Le règlement est voté. Dix-huit ans après le premier signalement.
  • Déc. 2027.L'essentiel des obligations entrera en vigueur. Vingt ans.

Regardez où se loge vraiment le retard. Une fois le sujet posé sur la table de la Commission, les deux textes avancent à peu près au même rythme parlementaire. L'écart n'est pas là. Il est dans les seize années qu'il a fallu pour que le sujet arrive sur cette table. La paille, c'est vous ; les billes, c'est eux. Et la différence entre les deux n'est pas une question de tonnage : c'est une question de qui écrit la règle, et pour qui.

Cette asymétrie a une histoire. Elle a même une date de naissance et un lieu.

La scène de méthode : un salon américain, 1971

Un soir de 1971, aux États-Unis, entre deux programmes de télévision, une publicité apparaît. Un Amérindien pagaie sur une rivière souillée de déchets, longe des usines, accoste au pied d'une autoroute. Une voiture passe, un sac de détritus s'écrase à ses pieds. La caméra monte lentement vers son visage. Une larme coule sur sa joue. Une voix conclut : la pollution commence par les gens, les gens peuvent l'arrêter.

Le spot devient l'une des publicités les plus célèbres du siècle. Il est diffusé pour la première fois le jour de la Terre, et il installe dans des millions de têtes une évidence qui est encore la nôtre : la nature est sale parce que les gens salissent.

Ce film bouleversant n'a pas été payé par des défenseurs de la nature. L'organisation qui le diffuse, Keep America Beautiful, a été fondée en 1953 par des industriels de l'emballage et de la boisson, emmenés par deux géants, celui de la boîte de conserve, American Can, et celui du verre, Owens-Illinois, rejoints notamment par Coca-Cola. La date de fondation n'est pas un hasard : cette année-là, l'État du Vermont venait d'imposer par la loi la bouteille de bière réutilisable. L'industrie de l'emballage jetable, en pleine explosion, a compris le danger existentiel. Quatre ans plus tard, le Vermont abandonnait sa loi. Quand le Michigan a envisagé la même chose en 1962, l'organisation s'y est ouvertement opposée. Et pendant les années 1970, tandis que l'Indien pleurait sur tous les écrans, les projets de consigne obligatoire ont été combattus État par État. L'Oregon a tenu bon en 1971, une poignée d'autres ont suivi, la généralisation nationale n'a jamais eu lieu.

Deux détails complètent le tableau. Les grandes associations de protection de la nature qui siégeaient au conseil de l'organisation, dont la Société Audubon, ont fini par claquer la porte, précisément à cause de ce combat contre la consigne. Et l'acteur qui incarnait l'Amérindien, Iron Eyes Cody, était un fils d'immigrés siciliens qui fit carrière dans ce rôle : jusqu'au visage qui pleure, tout était fabriqué.

Vous reconnaissez l'opération, parce que l'épisode 3 vous en a montré une autre du même atelier : c'est le mécanisme qui, en 2004, fera calculer au monde entier son « empreinte carbone individuelle » sur le site d'un pétrolier. Déplacer le projecteur du produit vers le consommateur, de l'usine vers le geste, de la règle vers la morale. Le procédé se répète parce qu'il fonctionne et qu'il coûte moins cher qu'une usine propre. Et il ne se cache pas : ces campagnes sont publiques, primées, archivées, enseignées dans les écoles de publicité.

« Ce n'est pas un complot, c'est le fonctionnement normal et rationnel du système. Et c'est pour ça que c'est plus grave. La contrainte a été construite pour descendre jusqu'à votre caddie, et pour s'arrêter à la clôture du zoning. »

Le dénouement wallon

Reste la fin de l'histoire, et elle s'est écrite ces derniers mois, chez nous. Elle mérite d'être suivie date par date, parce qu'elle montre une administration qui fait son travail, et ce qu'il advient ensuite.

Dix-huit mois de permis
  • 2024.Le permis d'environnement accordé en 2005 arrive à échéance. TotalEnergies demande son renouvellement.
  • 27 nov. 2024.Le collège communal d'Écaussinnes rend un avis défavorable à l'unanimité. Neuf pages, qui relèvent notamment une teneur en PFAS particulièrement élevée au point de rejet du site dans le canal Bruxelles-Charleroi. Les billes ne sont plus le seul dossier.
  • 14 mars 2025.Le fonctionnaire délégué de la Région rend à son tour un avis défavorable. L'administration suspend l'instruction et exige une étude d'incidences complémentaire.
  • Été 2025.L'entreprise revoit sa copie. Une nouvelle enquête publique se tient.
  • Fin 2025.Le permis est accordé, assorti de conditions renforcées, notamment sur les granulés et les rejets.
  • 7 mai 2026.Le ministre wallon de l'Aménagement du territoire tranche les recours. Le permis est confirmé, certaines conditions sont adaptées.

Retenez la séquence : un avis communal défavorable unanime, un avis défavorable du fonctionnaire délégué, une instruction suspendue pour insuffisance du dossier, et des conditions durcies à l'arrivée. L'administration, à chaque étage, a fait son travail.

Deux recours sont alors introduits. Celui d'Arnaud Guérard, conseiller communal d'Écaussinnes, qui demande notamment la création d'un comité d'accompagnement : cet organe, prévu par le Code de l'environnement, réunirait autour d'une table l'entreprise, la Région, les communes et des habitants. Sa demande part d'un constat simple : la commission existante couvre tout le zoning, personne n'est obligé d'y siéger, et on n'y traite jamais des problèmes d'une entreprise en particulier. Et le recours de TotalEnergies elle-même, qui conteste les conditions que la Région lui impose.

Le 7 mai 2026, la décision du ministre François Desquesnes est rendue publique. Selon l'analyse détaillée publiée par le collectif Occupons le Terrain, arrêté en main, quatre conditions imposées par l'administration sont supprimées du permis. Le 27 mai, Arnaud Guérard réagit : « Quelle honte », « le ministre cède aux exigences de TotalEnergies », un « retour en arrière déplorable ». Son accusation est précise : des garde-fous jugés nécessaires par l'administration régionale elle-même auraient été effacés. Le 17 juin, en commission du Parlement wallon, un député relaie l'analyse et parle de conditions « vidées de leur portée ». Le ministre dément catégoriquement, explique s'être appuyé sur une nouvelle analyse de ses services, et récuse toute capitulation.

Puis il contre-attaque, et il faut citer cette contre-attaque en entier, parce qu'elle dit plus qu'elle ne croit. « Arnaud Guérard fait preuve d'amnésie profonde. Il a été administrateur chez IDEA qui gère le zoning. Il a été échevin de l'Environnement à Écaussinnes. Il y avait par ailleurs une ministre Ecolo de l'Environnement qui suivait le dossier lors de la précédente mandature. Et aujourd'hui, il vient jouer le chevalier blanc ? Dans quel monde vit-on ? »

Relisez. Pour renvoyer son accusateur dans les cordes, le ministre établit que l'intercommunale, l'échevinat, le cabinet régional, toutes couleurs confondues, ont tenu ce dossier pendant que les billes coulaient. C'est exactement la thèse de cette série : pas un coupable caché, une chaîne d'institutions qui fonctionnent normalement. La défense du ministre est le meilleur résumé du problème.

Et le comité d'accompagnement ? Refusé. Les habitants qui ramassent des billes dans leur jardin demandaient une pièce où poser des questions. Ils ne l'ont pas obtenue. Au moment d'écrire ces lignes, le conseiller communal dit envisager toutes les options, y compris un recours au Conseil d'État.

Pendant ce temps, à Bruxelles

Il faut, pour être complet, raconter la fin du vide réglementaire, parce qu'elle est récente et qu'elle éclaire sa durée.

Le 12 novembre 2025, l'Union européenne a enfin adopté un règlement sur la prévention des pertes de granulés plastiques, le règlement 2025/2365. Ses obligations générales, prévenir les pertes, confiner et nettoyer immédiatement celles qui surviennent, s'appliquent depuis la mi-décembre 2025. L'essentiel du dispositif, plans de gestion des risques pour tout opérateur manipulant plus de cinq tonnes par an, certification par des organismes indépendants pour les plus gros, attendra le 17 décembre 2027. Les transporteurs, y compris maritimes, sont couverts.

Dix-huit ans après la première plainte d'un riverain de la Sennette, la règle existe donc. Comment un texte visant l'une des trois premières sources de microplastiques du continent a-t-il pu mettre seize ans à seulement être proposé, quand le texte sur les pailles et les cotons-tiges a filé en droite ligne ? La réponse tient en un mot que cette série retrouvera bientôt : le travail d'influence du secteur, à Bruxelles, est l'objet entier de l'épisode 9. Retenez simplement ceci : chaque année de retard fut une année sans obligation de compter les pertes.

L'objection, prise au sérieux

Reste l'objection la plus sérieuse, celle qu'on entend à Feluy comme partout : cette usine fait vivre la région. Quatre à cinq cents emplois directs, des sous-traitants, des communes qui en dépendent. Fermer ou surcontraindre le site, ce serait sacrifier des familles réelles à des billes dans une rivière.

Prenons-la au sérieux, parce qu'elle est sérieuse. Les emplois sont réels, les familles aussi, et aucune ligne de ce dossier ne demande la fermeture du site. Mais remarquez ce que l'objection présuppose : qu'il faudrait choisir entre l'emploi et l'absence de billes dans la Sennette. Or rien, dans ce dossier, ne documente ce dilemme. Empêcher des granulés de rejoindre une rivière relève de bacs de rétention, de filtres sur les avaloirs, de procédures de chargement, d'aspirateurs industriels : des coûts d'exploitation, pas des plans sociaux. La preuve en est que l'administration wallonne a imposé des conditions en ce sens sans que quiconque annonce un licenciement. L'objection des emplois, ici, ne défend pas les travailleurs : elle sert de bouclier à une économie de nettoyage.

Mais cette objection mérite mieux qu'un paragraphe, parce qu'ailleurs en Wallonie elle se pose avec une violence réelle, et qu'elle est l'arme rhétorique la plus efficace jamais pointée contre l'écologie. L'épisode suivant lui est entièrement consacré.

Victime-payeur, encore

Faisons les comptes de ce dossier, comme à chaque épisode.

Ceux qui produisent les billes ont leur permis, et les conditions qui leur déplaisaient ont été adaptées après recours. Ceux qui les ramassent n'ont pas obtenu de réunion. La commune a financé ses procédures, l'association sa plainte, la Région ses contrôles. La rivière garde ses granulés, que personne ne viendra jamais tous rechercher. Et l'enquête judiciaire cherche depuis des années lequel de quatre acteurs a perdu quelle bille.

« Nos règles proclament le pollueur-payeur. La Sennette raconte l'inverse : victime-payeur. »

Alors mesurez, une dernière fois, ce que vaut ici le récit de « l'écologie punitive ». Dans toute cette histoire, la seule règle contraignante appliquée à date visait votre paille. Le règlement qui vise enfin les billes a mis seize ans à être proposé et n'imposera l'essentiel qu'à la fin de 2027. Ce n'est pas l'écologie qui vous punit. C'est que la contrainte a été conçue pour descendre jusqu'à votre caddie, et qu'elle s'arrête si souvent à la clôture du zoning.

Le prochain dossier commence dans une autre commune du Hainaut, au bord d'une autre rivière, le jour où des travailleurs apprennent que leur usine ferme, et où quelqu'un s'empresse de leur expliquer à qui la faute. Vous devinez déjà qui sera désigné. Vous verrez que les documents racontent autre chose.

Sources
Sources institutionnelles
  • 1.Règlement (UE) 2025/2365 du 12 novembre 2025 relatif à la prévention des pertes de granulés plastiques : obligations générales applicables dès la mi-décembre 2025, plans de gestion des risques et certification au 17 décembre 2027. Lien
  • 2.Commission européenne, proposition de règlement relatif à la prévention des pertes de granulés plastiques, COM(2023) 645 final, 16 octobre 2023 : estimation de 52 000 à 184 000 tonnes perdues par an dans l'Union, troisième source de rejets non intentionnels de microplastiques. Lien
  • 3.Directive (UE) 2019/904 du 5 juin 2019 relative aux plastiques à usage unique, proposée le 28 mai 2018, interdictions applicables au 3 juillet 2021. Lien
  • 4.Réponse ministérielle au Parlement de Wallonie sur le dossier de Feluy : procès-verbaux de la police de l'environnement en 2020, 2021 et 2022, modification des conditions d'exploitation, visites de contrôle d'octobre 2022 sans nouvel impact constaté.
  • 5.Commune d'Écaussinnes, avis d'affichage du permis unique : décision du fonctionnaire technique du 28 novembre 2025.
  • 6.Code de l'environnement wallon, dispositions relatives aux comités d'accompagnement.
Sources médiatiques
  • 7.Reporterre, « TotalEnergies noie des villes belges sous ses billes de plastique », 21 octobre 2025 : premier signalement d'un riverain le 18 novembre 2007, environ 30 000 poids lourds par an, rôle des sous-traitants Katoen Natie, Vos Logistics et Feluy Service Center, information judiciaire au parquet de Charleroi et problème d'imputabilité entre les quatre parties. Lien
  • 8.Antenne Centre, « Feluy : TotalEnergies veut poursuivre sa production de polymères », 28 septembre 2023 : constat communal de janvier 2020, plainte de Canopea de 2022, citation intégrale de la réponse de TotalEnergies à la RTBF de juin 2023. Lien
  • 9.Antenne Centre, « Permis de TotalEnergies Feluy : rencontre prévue avec les bourgmestres », 14 août 2025 : suspension de l'instruction en mars 2025, étude d'incidences complémentaire, nouvelle enquête publique, classement Seveso et IED du site. Lien
  • 10.L'Avenir et La DH, « Recours contre le permis de TotalEnergies : une décision attendue pour le mois de mai au plus tard », 6 février 2026 : contenu des deux recours, demande de comité d'accompagnement. Lien
  • 11.La DH, « Le ministre Desquesnes tranche les recours : Quelle honte, dénonce Arnaud Guérard », 27 mai 2026 : réactions et citation intégrale de la contre-attaque du ministre. Lien
  • 12.La DH, « Critiqué par le ministre Desquesnes, Arnaud Guérard envisage toutes les options, y compris le Conseil d'État », 17 juin 2026 : commission parlementaire, conditions jugées vidées de leur portée, démenti du ministre. Lien
  • 13.Occupons le Terrain, « Pollution aux polymères : le gros cadeau du ministre Desquesnes à TotalEnergies », 6 juin 2026 : historique du site depuis Petrofina en 1970, avis communal de neuf pages du 27 novembre 2024 relevant des PFAS élevés au point de rejet dans le canal, avis défavorable du fonctionnaire délégué du 14 mars 2025, analyse des quatre conditions supprimées par l'arrêté ministériel, refus du comité d'accompagnement. Lien
  • 14.Moustique, « Une enquête montre comment TotalEnergies inonde Écaussinnes de plastique », 31 octobre 2023, sur l'enquête vidéo du média Vakita. Lien
  • 15.Commune d'Écaussinnes, page officielle d'information sur le dossier TotalEnergies Petrochemicals Feluy. Lien
Bibliographie et références historiques
  • 16.Sur Keep America Beautiful : fondation en décembre 1953 par American Can Company et Owens-Illinois, contexte de la loi du Vermont de 1953 abandonnée en 1957, opposition au projet du Michigan en 1962, départ des associations de protection de la nature du conseil ; spot « The Crying Indian » diffusé à partir du jour de la Terre 1971, slogan « People Start Pollution, People Can Stop It » ; Iron Eyes Cody, acteur d'origine sicilienne. Voir notamment Heather Rogers, Gone Tomorrow, The New Press, 2005, et Finis Dunaway, Seeing Green, University of Chicago Press, 2015.
  • 17.Supran, G., et Oreskes, N., sur l'invention de l'empreinte carbone individuelle, et Mark Kaufman, « The carbon footprint sham », Mashable (épisode 3, sources 8, 9 et 20).
  • 18.Operation Clean Sweep, programme volontaire du secteur plastique, matériaux publics du programme.
Annexe, documents bruts

Texte intégral du règlement 2025/2365 (source 1). Avis d'affichage communal du permis (source 5). Comptes rendus de la commission du Parlement wallon du 17 juin 2026, via le site du Parlement de Wallonie.

Notes de vérification

Ce que cette enquête n'a pas pu établir avec certitude est écrit ici, plutôt que masqué dans le texte.

Sur la date du permis. La presse régionale écrit que le renouvellement a été obtenu « en octobre 2025 », l'avis d'affichage communal mentionne une décision du fonctionnaire technique du 28 novembre 2025. Le texte retient « fin 2025 » et la date de l'affichage officiel.

Sur le Conseil d'État. Au 17 juin 2026, le recours était envisagé, non déposé. À revérifier au jour de la publication, ainsi que l'état de l'information judiciaire au parquet de Charleroi.

Sur les conditions modifiées par l'arrêté ministériel de mai 2026. Les accusations d'Arnaud Guérard et du député relayant l'analyse sont citées comme telles, et démenties par le ministre. Le contenu précis des conditions supprimées ou adaptées reste à établir sur pièce, arrêté en main, avant toute affirmation en voix propre.

Sur la source 4. Référence de session de la réponse ministérielle au Parlement de Wallonie à compléter via le moteur de recherche du site du Parlement avant mise en ligne.

Sur le passage sous pavillon Total. Occupons le Terrain écrit 1997 ; la fusion Total-Petrofina a été finalisée en 1999. Le texte retient « la fin des années 1990 ».

Épisode 5 · Bientôt
Une autre commune du Hainaut, une autre rivière, le jour où des travailleurs apprennent que leur usine ferme. Quelqu'un s'empresse de leur expliquer à qui la faute. Vous devinez déjà qui sera désigné.
Lire →
Écrit par Ibne Muna · Chronik.be · Épisode 4

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