La boue n’est pas une catastrophe naturelle

Épisode 6 · Écologie vs Capitalisme

La boue n'est pas une catastrophe naturelle

En Hesbaye, la pluie tombe sur tous les villages. La boue, elle, entre toujours dans les mêmes maisons. Waremme a lu les cartes, bâti les ouvrages, associé les agriculteurs. Quatre ans et demi plus tard, la boue est revenue dans la même rue.

Chronik.be·Agriculture · Climat · Wallonie·16 min de lecture
Waremme, nuit du 20 au 21 juin 2026. Minuit et quart. Le téléphone des pompiers se met à sonner, et il ne s'arrêtera plus de la nuit. Rue de Berloz, la chaussée a disparu. À la place, une coulée brune qui avance lentement. Dans les maisons, quelque chose pousse les portes des caves, et ce n'est pas de l'eau : c'est épais, c'est lourd, ça sent la terre retournée.

Le bourgmestre, Raphaël Dubois, est sur place depuis le samedi soir : « Il y a de la boue dans les maisons et des rues inondées. J'ai vu qu'il était tombé 40 litres d'eau en 45 minutes. » Au matin, les pompiers de la zone Hesbaye en sont à leur soixantième sortie, de Hannut à Braives, de Geer à Lincent. À midi, on racle encore des chaussées à Villers-le-Bouillet.

Arrêtez-vous sur un détail de cette scène : il n'y a pas de rivière. Aucun cours d'eau n'est sorti de son lit cette nuit-là. L'eau qui a envahi les salons n'est pas montée. Elle est descendue. Elle venait des champs.

Maintenant, approchez-vous des habitants qui nettoient, et écoutez-les. Ils ne disent pas « quelle catastrophe ». Rue de Berloz, le fils d'une sinistrée dit à la presse : « C'est la deuxième fois que cela arrive. L'eau entre dans le garage et dans le hall, et ressort par l'arrière de la maison. Tout est couvert de boue sur une dizaine de centimètres. » La deuxième fois : en juin 2019 déjà, tout ce quartier était sous eau, et le Fonds des calamités avait été saisi. À Crisnée, même refrain devant la rue de la Ville inondée : « c'est à chaque fois la même chose ». À Oreye, le bourgmestre a sa formule, presque résignée : son village est le dernier de la Hesbaye en aval, celui qui « encaisse les eaux de tout le monde ». Et à Lincent, le 25 août 2023, jour où pas un village de la commune n'a été épargné, le bourgmestre Yves Kinnard citait le pluviomètre d'un riverain : 38 litres d'eau au mètre carré. En neuf minutes.

Mêmes rues en 2019, en 2023, en 2026. Tout le monde sait d'avance où la boue passera.

Voilà l'énigme de ce dossier, et je vous demande de la garder jusqu'au bout. Pas « pourquoi il pleut ». Pourquoi toujours les mêmes rues ?

Premier suspect : le ciel

Il y a un premier suspect, et c'est celui qu'on vous livre à chaque journal télévisé : le ciel. Orage exceptionnel, catastrophe naturelle, dérèglement climatique, on n'y peut rien.

Sauf qu'un détail cloche, et vous l'avez peut-être déjà repéré. La pluie tombe partout. Sur toute la Hesbaye, sur tous les villages, sur tous les toits. La boue, elle, choisit. La rue de Berloz à Waremme, la rue de la Ville à Crisnée, le quartier de la Bruyère à Lincent. Toujours les mêmes, jamais les autres. Un coupable qui frappe partout ne peut pas expliquer un dégât qui vise toujours au même endroit.

Que le climat aggrave les choses, c'est vrai, et nous y reviendrons honnêtement plus bas. Mais posez la distinction qui structure tout ce dossier : l'orage fournit l'eau. Quelque chose d'autre fournit la boue, et lui indique le chemin.

« La pluie tombe partout. La boue ne coule que là où on lui a préparé la route. »

Ce qui coule

Alors regardons la boue elle-même. D'où vient-elle, et pourquoi ici ?

La Hesbaye est posée sur du limon. Imaginez une farine minérale, très fine, déposée là par les vents sur des mètres d'épaisseur : c'est l'une des meilleures terres agricoles d'Europe, profonde, fertile, facile à travailler. Une bénédiction, qui cache un défaut. Quand une pluie d'orage frappe un sol de limon laissé nu, les gouttes tassent la surface, qui se referme comme une assiette. Les agronomes ont un mot pour ça, la croûte de battance, mais l'image suffit : l'eau ne rentre plus. Elle glisse, prend de la vitesse dans la moindre pente, se rassemble dans les creux du paysage, et rabote le champ au passage. Ce qui coule rue de Berloz, c'est du champ liquide.

Maintenant, levez les yeux vers le plateau, et regardez ce qui y pousse. Des betteraves. Des pommes de terre. Du maïs. Des cultures plantées en rangées espacées, qui laissent de larges bandes de terre nue entre les rangs pendant tout le printemps, le temps que les plantes couvrent le sol. Et le printemps, c'est précisément la saison des orages les plus violents.

Un sol fragile, laissé nu au pire moment de l'année. Rien de mystérieux là-dedans : c'est de l'agronomie de première année, enseignée à Gembloux depuis des générations. Tout le monde le sait. Et surtout, le premier concerné le sait.

Deuxième suspect : le paysan

Le voilà donc, le deuxième suspect. Le suspect idéal. C'est son champ. Il connaît sa terre mieux que personne, il connaît le calendrier des orages, il choisit ses cultures. S'il laisse de la terre nue au-dessus de votre village au printemps, c'est qu'il le veut bien. Coupable ?

Attendez. Mettez-vous une minute à sa place.

Vous cultivez la betterave en Hesbaye, comme votre père, comme votre grand-père. Pendant un demi-siècle, l'Europe a garanti à cette culture un prix minimum : une sorte de salaire minimum de la betterave, instauré en 1968, qui a fait d'elle la plus fiable des cultures wallonnes, celle qui payait les traites. Écoutez Jean-Joseph Rigo, agriculteur à Incourt, au micro de la RTBF : « Jusqu'à la dernière réforme des quotas du sucre en 2006, la betterave était la culture phare. Elle était payée 44 euros la tonne ! »

Le filet qu'on démonte
  • 1968.L'Europe instaure des quotas et un prix minimum garanti pour la betterave. Elle devient la culture qui paie les traites.
  • Fin des années 1980.La Raffinerie Tirlemontoise passe sous contrôle du groupe allemand Südzucker, premier sucrier d'Europe, installé à Mannheim.
  • 2006.Réforme. Le prix minimum garanti tombe de 40 à 26 euros la tonne, selon le décompte de la Confédération des betteraviers belges. Deux des quatre sucreries wallonnes, Brugelette et Hollogne-sur-Geer, ferment pour toujours.
  • 2013.Le géant wallon de la frite, Lutosa, est vendu au canadien McCain, numéro un mondial. La pomme de terre suit le même chemin que la betterave.
  • 1er oct. 2017.Fin des quotas. Plus de prix minimum, plus rien. Le marché, seul.

Mettez cette courbe sur votre salaire, et écoutez Rigo conclure : « Je ne vais pas travailler à perte ! »

Et à qui vendez-vous, maintenant que le filet est parti ? La concentration a fait son œuvre : il ne reste que deux acheteurs de betteraves en Belgique, dont un géant, la Raffinerie Tirlemontoise. Qui n'a de tirlemontois que le nom. Et savez-vous ce que fait ce groupe au moment précis où les quotas tombent ? Son concurrent belge le dira publiquement, avec une pointe d'effarement : la Raffinerie Tirlemontoise incite alors les agriculteurs « à produire beaucoup plus », pour écouler du volume sur le marché mondial, quitte à n'y rien gagner. Produire plus, sur des marges plus minces. Voilà l'équation qu'on tend au betteravier. Les prix, les volumes, les cahiers des charges se décident là où sont les sièges, à Mannheim ou au Nouveau-Brunswick, dans des bureaux que le paysan ne verra jamais.

Alors, quand le prix de la tonne fond, que lui reste-t-il ? Une seule variable : les hectares. Il resserre les rotations, cultive chaque parcelle disponible, laboure jusqu'au bord de la route. Pas par appât du gain. Pour rembourser le tracteur.

Et le terrain avait été préparé bien avant lui. Depuis l'après-guerre, les opérations de remembrement ont regroupé et agrandi les parcelles pour les adapter aux machines, et effacé méthodiquement du paysage tout ce qui freinait l'eau : les haies, les talus, les fossés enherbés, les chemins creux. Un plateau lisse comme une table, ouvert aux machines. Et légèrement penché vers vos villages.

Regardez-le maintenant, ce deuxième suspect. Un homme à qui d'autres ont fixé les prix, raboté le paysage, et laissé un choix : labourer davantage, ou déposer le bilan. Ce n'est pas un coupable. C'est quelqu'un qu'on a placé là.

Waremme a tout fait, et la boue est revenue

Reste alors la question qui fâche, celle que chaque lecteur se pose depuis le début : est-ce que quelqu'un a essayé d'empêcher ça ?

La réponse est oui. Et c'est précisément ce qui rend ce dossier imparable, parce que la rue de Berloz est un laboratoire, et que l'expérience a été menée jusqu'au bout.

La Wallonie possède une cellule spécialisée, GISER, pour Gestion intégrée sol, érosion, ruissellement : un service public adossé aux universités de Louvain et de Gembloux, dont il faut saluer le travail. Elle a cartographié les chemins que l'eau emprunte en cas d'orage sur tout le territoire, 105 000 kilomètres d'axes répertoriés, consultables par n'importe qui sur le géoportail de la Région. Elle accompagne 175 communes et rend environ 8 000 avis par an sur des demandes de permis situées dans ces zones.

La rue de Berloz, un laboratoire
  • Juin 2019.Le quartier est inondé. Le dossier part au Fonds des calamités.
  • 2019 à 2021.La Ville consulte la cellule GISER, suit ses recommandations, et fait ce qui se fait trop rarement : elle met autour de la table les agriculteurs des champs d'où partent les coulées.
  • Nov. 2021.Le service des travaux achève des dispositifs de lutte contre les inondations à l'arrière des habitations. Inauguration, communiqué, photos.
  • 20 au 21 juin 2026.Quatre ans et demi plus tard, la boue est revenue dans la même rue. Dix centimètres dans les maisons.
  • Juil. 2026.La Ville reprend des mesures préventives, en prévision des orages suivants.

Arrêtons-nous, parce que c'est le cœur de tout l'épisode. On ne peut pas accuser cette commune de négligence : elle a lu les cartes, bâti les ouvrages, associé les paysans. Alors pourquoi la boue est-elle revenue ? Parce qu'un dispositif communal freine l'eau derrière trois cents mètres d'habitations, et que la cause travaille sur des milliers d'hectares en amont. Une commune peut construire un bac de rétention. Elle ne peut pas relever le prix de la betterave, replanter les haies arrachées depuis l'après-guerre, ni changer l'équation économique qui met les sols à nu chaque printemps. Waremme a fait tout ce qui était à sa portée. La cause n'est pas à sa portée. Un aménagement communal ne compense pas une politique agricole continentale.

Et pendant ce temps, ailleurs, on continue d'aggraver l'autre bout de la chaîne : huit mille avis par an de la cellule GISER, cela signifie que chaque année, des milliers de projets de construction se déposent encore là où la Région sait que l'eau passera. Sur le site même de la cellule figure une rubrique qui résume le rapport de force : « Que faire lorsque ma demande de permis est refusée suite à un avis défavorable de la cellule GISER ? »

Récapitulons la chaîne, car elle est complète, et chaque maillon est public. Les prix qui poussent à la terre nue se décident à Mannheim et au Canada. Le paysage qui accélère l'eau a été redessiné par des politiques publiques d'après-guerre. Les cartes qui annoncent où la boue passera sont sur un géoportail. Les ouvrages qui tentent de la freiner s'inaugurent avec communiqué. Chaque acte est autorisé, rationnel, signé, photographié.

« Ce n'est pas un complot, c'est le fonctionnement normal et rationnel du système. Et c'est pour ça que c'est plus grave. »

Qui paie

Faisons les comptes, comme à chaque épisode.

Le sinistré paie le premier : les nuits à pomper, les meubles perdus, la franchise d'assurance, et cette usure particulière de ceux qui savent que ça reviendra. Le Fonds des calamités et les assureurs paient ensuite, c'est-à-dire nous tous, par nos primes et nos impôts, sans que la facture ne remonte jamais vers ce qui fabrique le risque. Les communes paient le nettoyage, les pompiers, les aménagements.

Et le paysan paie deux fois. Étranglé d'abord sur les prix, par des groupes dont il ne verra jamais les bureaux. Désigné ensuite, quand la boue traverse le village, comme le responsable évident, lui dont on voit les champs, pendant que ceux qui fixent les prix ne se voient jamais. Retenez ce point, c'est le plus important de l'article : l'agriculteur n'est pas le coupable de cette histoire. Il en est l'autre victime. Celui qui décide des prix ne racle jamais de boue.

Nos règles proclament le pollueur-payeur. Six épisodes, et ce principe cherche encore sa première application. La Hesbaye en offre la version la plus limpide qui soit : ceux qui profitent du système de prix qui met les sols à nu n'ont jamais reçu une seule facture de nettoyage. Victime-payeur, une fois de plus.

Les deux objections, prises au sérieux

Deux objections méritent d'être encaissées franchement, parce qu'elles sont sérieuses.

La première : c'est le climat. Les orages deviennent plus violents, plus chargés d'eau, et juin 2026 l'a démontré. C'est exact, et cette série serait mal placée pour le nier : le réchauffement intensifie les pluies extrêmes, c'est mesuré, et ce sera pire. Mais posez la question qui tue. Pourquoi la même pluie, tombée sur deux villages voisins, noie l'un et épargne l'autre ? Le climat explique la quantité d'eau. Il n'explique pas le choix des rues. La vulnérabilité, elle, est entièrement fabriquée : par les sols nus, par le plateau raboté, par les permis signés dans les axes. Le climat charge l'arme. Le système a désigné les cibles. Et remarquez que l'alibi de la nature est le plus vieux réflexe de toute cette série : à Engis, en 1930, le premier geste officiel fut déjà d'accuser le brouillard.

La seconde : les agriculteurs n'ont qu'à changer leurs pratiques. Les solutions existent, c'est vrai. Elles sont connues, peu coûteuses, et documentées par la cellule GISER elle-même : des cultures d'hiver qui couvrent le sol, des bandes enherbées qui freinent l'eau, des fascines, ces barrières de paille plantées en travers des pentes, des fossés, de petites zones où l'eau peut s'étaler. Certains agriculteurs les appliquent déjà, et ça marche. Mais faire de ces pratiques une affaire de bonne volonté individuelle, c'est refaire exactement le tour de passe-passe de l'Indien qui pleure, celui de l'épisode 4 : déplacer la charge du système vers l'individu. Un homme payé 26 euros la tonne arbitre entre la fascine et la traite du tracteur. La solution n'est pas dans la morale du paysan. Elle est dans les prix, dans les contrats des acheteurs, dans les aides publiques conditionnées à la couverture des sols. Tant que l'équation impose l'hectare nu, l'hectare sera nu.

Ce que ce dossier retourne

Alors, mesurez ce que devient ici le récit de « l'écologie punitive », dans sa version agricole, celle qu'on entend à chaque mobilisation : les normes emmerdent les agriculteurs.

Cherchez ce qui étrangle vraiment le betteravier hesbignon. Ce n'est pas une bande d'herbe en bord de champ : c'est un prix garanti divisé par plus d'un tiers, puis supprimé, face à un acheteur en position de force. Et cette bande enherbée, la fameuse contrainte ? Elle freine l'eau. Elle retient la terre. Elle protège le village d'en bas, et elle protège le sol du paysan, son seul vrai capital, celui qui part vers la mer à chaque orage. On lui a appris à détester la seule règle qui travaille pour lui. Pendant qu'il regarde l'écologiste, il ne regarde pas qui encaisse.

La nature a bon dos. La boue n'est pas une catastrophe naturelle. C'est un bilan comptable qui dévale une pente.

Une dernière image avant de refermer. Au matin du 21 juin, dans les lotissements du plateau, les habitants sont sortis compter les dégâts. Devant chaque maison neuve, garées bien au sec, les voitures attendaient. Hautes, larges, deux tonnes. On vous expliquera bientôt que la voiture aussi, c'est votre faute, votre vieille essence, votre attachement coupable. Qui l'a rendue si lourde, qui y gagne, et qui a inventé le conducteur puni : c'est le prochain dossier.

Sources
Sources institutionnelles
  • 1.Service public de Wallonie, cellule GISER (Gestion intégrée sol, érosion, ruissellement) : missions, conseil aux communes, avis sur les permis en zone de contrainte de ruissellement, cartographie. Lien
  • 2.SPW, « Coulées de boue : la cellule GISER donne quelques conseils » : 105 000 kilomètres d'axes de concentration du ruissellement répertoriés en Wallonie, carte LIDAXES publique sur le Géoportail. Lien
  • 3.SPW ARNE, présentation de la cellule GISER à l'Union des villes et communes, 2022 : 175 communes accompagnées, plus de 1 000 bassins versants, environ 8 000 avis d'urbanisme par an. Lien
  • 4.SPW, communiqué de la cellule GISER : dispositifs de lutte contre les coulées boueuses mis en place depuis 2007, création de la cellule avec l'UCLouvain et Gembloux Agro-Bio Tech. Lien
  • 5.Portail de l'agriculture wallonne, le secteur du sucre : disparition des quotas et du prix minimum au 1er octobre 2017. Lien
  • 6.Association des betteraviers wallons, historique de la filière : quotas instaurés en 1968, rachat de la Raffinerie Tirlemontoise par Südzucker, fermetures des sucreries de Brugelette et Hollogne-sur-Geer après la réforme de 2006. Lien
Sources médiatiques
  • 7.L'Avenir, « Une cinquantaine d'interventions de Waremme à Hannut suite à l'orage : il y a eu près de 40 litres d'eau en 45 minutes », 21 juin 2026, avec la citation du bourgmestre Raphaël Dubois et la rue de Berloz. Lien
  • 8.RTBF, « Plus d'une centaine d'interventions en région liégeoise et en Hesbaye après des orages », 21 juin 2026 : soixantaine d'interventions de la zone Hesbaye détaillée par son porte-parole. Lien
  • 9.La DH, dépêche Belga du 21 juin 2026, interventions à Villers-le-Bouillet en fin de matinée. Lien
  • 10.La DH, « Rues inondées, coulées de boue, arbres arrachés en Hesbaye », 25 août 2023 : Lincent, quartier de la Bruyère, 38 litres au mètre carré en neuf minutes selon le pluviomètre d'un riverain cité par le bourgmestre Yves Kinnard. Lien
  • 11.L'Avenir, 25 août 2023, éditions de Lincent et d'Oreye : la rue de la Ville à Crisnée inondée « comme c'est à chaque fois la même chose », et le bourgmestre d'Oreye sur le village « qui encaisse les eaux de tout le monde ». Lien
  • 12.Ville de Waremme, communiqué de novembre 2021 relayé par la presse locale : dispositifs de lutte contre les inondations aménagés à l'arrière des habitations de la rue de Berloz, « suite au respect des recommandations de la cellule GISER » et à « une collaboration efficace avec les agriculteurs cultivant les champs à l'origine des coulées de boue » ; rappel des inondations de juin 2019. Lien
  • 13.L'Avenir, « Des mesures rue de Berloz à Waremme pour prévenir les écoulements de boue », 10 juillet 2026 : nouvelles mesures préventives après les orages des 20 et 21 juin, témoignage du fils d'une sinistrée, dix centimètres de boue dans la maison. Lien
  • 14.RTBF, « La fin des quotas sucriers inquiète les betteraviers », avril 2016 : citations de Jean-Joseph Rigo, agriculteur à Incourt, « payée 44 euros la tonne », « je ne vais pas travailler à perte », et appartenance de la Raffinerie Tirlemontoise à Südzucker. Lien
  • 15.L'Avenir, « Comme le lait, la betterave dit adieu au quota », 20 avril 2016 : la Confédération des betteraviers belges sur le prix minimum passé de 40 à 26 euros après la réforme de 2006. Lien
  • 16.L'Avenir, « Rester dans une production raisonnable », 3 octobre 2017 : la Raffinerie Tirlemontoise-Südzucker incitant les agriculteurs « à produire beaucoup plus » au moment de la fin des quotas, selon la direction d'ISCAL Sugar. Lien
  • 17.Sur la vente de Lutosa au groupe canadien McCain en 2013 : opération autorisée par la Commission européenne, largement couverte par la presse économique belge de l'époque.
Bibliographie
  • 18.Lamb, W. F., et al., « Discourses of climate delay », Global Sustainability, 2020, DOI 10.1017/sus.2020.13, pour le déplacement de la responsabilité systémique vers l'individu.
  • 19.Bonneuil, C., Fressoz, J.-B., L'Événement Anthropocène, Seuil, 2013, sur la naturalisation des catastrophes.
Annexe, documents bruts

Carte LIDAXES des axes de concentration du ruissellement, consultable sur le Géoportail de la Wallonie (WalOnMap). Documents et recommandations de la cellule GISER (sources 1 à 4). Historique de la filière betteravière (source 6).

Notes de vérification

Ce que cette enquête n'a pas pu établir avec certitude est écrit ici, plutôt que masqué dans le texte.

Sur les prix de la betterave. Deux chiffres circulent et ne mesurent pas la même chose : les 44 euros la tonne cités par un agriculteur au micro de la RTBF renvoient au prix effectivement perçu avant 2006 ; les 40 puis 26 euros de la Confédération des betteraviers belges désignent le prix minimum garanti. Le texte les attribue séparément et n'en tire aucune soustraction.

Sur les chiffres d'érosion. Une version de travail antérieure citait un pourcentage de perte de sols attribué au SPW qui n'a pas pu être confirmé sur source primaire ; il n'est pas repris. Les ordres de grandeur en tonnes par hectare devront être établis sur les publications de la cellule GISER ou du CRA-W avant tout ajout chiffré.

Sur le remembrement. Le texte s'en tient à « depuis l'après-guerre » ; la référence légale précise reste à citer sur texte officiel si une date est souhaitée.

Sur la rue de Berloz. Les dates retenues sont documentées sur pièces : juin 2019, travaux de novembre 2021, orage des 20 et 21 juin 2026, mesures de juillet 2026. La rue est à cheval sur les communes de Berloz et de Waremme. La reconnaissance par le Fonds des calamités pour 2019 est à confirmer sur l'arrêté avant publication.

Au jour de la publication. Revérifier le bilan des interventions de la nuit du 20 au 21 juin si des chiffres consolidés ont été publiés depuis, et l'état des lieux GISER : les chiffres de 175 communes et 8 000 avis datent d'une présentation de 2022.

Épisode 7 · Bientôt
Au matin du 21 juin, devant chaque maison neuve du plateau, garées bien au sec, les voitures attendaient. Hautes, larges, deux tonnes. On vous expliquera bientôt que la voiture aussi, c'est votre faute.
Lire →
Écrit par Ibne Muna · Chronik.be · Épisode 6

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