Les crapauds fous
Que peuvent faire les citoyens ? Tout ce qu’on appelle acquis a d’abord été appelé utopie. Et à chaque fois, ce sont des gens qu’on prenait pour des fous qui l’ont arraché.
Que peuvent faire les citoyens ? Tout ce qu’on appelle acquis a d’abord été appelé utopie. Et à chaque fois, ce sont des gens qu’on prenait pour des fous qui l’ont arraché.
There is no alternative, disait Thatcher en 1980. Quarante-six ans plus tard, l’Autriche, la Suède, le Portugal et la Belgique elle-meme ont prouvé le contraire. Il n’y a pas de vérité économique. Il n’y a que des choix.
« La Belgique a vécu au-dessus de ses moyens. » Cet épisode prend la phrase au mot et ouvre les livres. Vingt ans d’excédents, 600 milliards d’intérets, et une générosité qu’on ne montre jamais.
Une pandémie a prouvé que la contrainte budgétaire n’est pas une loi de la nature. Puis la fenetre s’est refermée, et l’effort est retombé sur ceux qui vivent de leur travail.
L’austérité a cessé d’etre un choix débattu pour devenir une procédure. Et ce ne sont pas les sacrifices qui ont fait baisser la dette. C’est la BCE.
En trois ans, les sauvetages bancaires effacent une décennie d’efforts. La dette regagne dix-sept points de PIB. Les profits des années 2000 étaient privés. Les pertes de 2008 seront collectives.
En quatorze ans, la dette passe de 138 % à 87 % du PIB. Plus de cinquante points effacés. La presse parlera de miracle.
Cockerill-Sambre perd la moitié de ses emplois. Le pays vote les pouvoirs spéciaux. Le franc est dévalué en secret dans les Ardennes.
endant dix ans, la dette publique belge a progressé presque sans bruit. Comprendre pourquoi est la clé de tout ce qui suit.