La Belgique est née d’un échec
1585, la chute d’Anvers : une date que deux camps se disputent encore, et qui ne donne raison à aucun des deux.
1585, la chute d’Anvers : une date que deux camps se disputent encore, et qui ne donne raison à aucun des deux.
Le plus grand souverain d’Europe au XVIe siècle est né à Gand en 1500. Quatre pays le revendiquent avec les memes arguments. Or il est impossible que quatre pays soient tous le pays de Charles Quint.
Comment un État de trente-six ans s’est commandé deux ancetres celtiques en un an, et pourquoi la fameuse phrase de César sur « les plus braves des Belges » ne dit pas du tout ce qu’on lui fait dire.
Comment un hymne écrit par un Français, réécrit par l’État pour raisons diplomatiques, réduit à une seule strophe par une circulaire et éclaté en trois langues raconte, à lui seul, la manière dont la Belgique a été fabriquée.
Que peuvent faire les citoyens ? Tout ce qu’on appelle acquis a d’abord été appelé utopie. Et à chaque fois, ce sont des gens qu’on prenait pour des fous qui l’ont arraché.
There is no alternative, disait Thatcher en 1980. Quarante-six ans plus tard, l’Autriche, la Suède, le Portugal et la Belgique elle-meme ont prouvé le contraire. Il n’y a pas de vérité économique. Il n’y a que des choix.
« La Belgique a vécu au-dessus de ses moyens. » Cet épisode prend la phrase au mot et ouvre les livres. Vingt ans d’excédents, 600 milliards d’intérets, et une générosité qu’on ne montre jamais.
Une pandémie a prouvé que la contrainte budgétaire n’est pas une loi de la nature. Puis la fenetre s’est refermée, et l’effort est retombé sur ceux qui vivent de leur travail.
L’austérité a cessé d’etre un choix débattu pour devenir une procédure. Et ce ne sont pas les sacrifices qui ont fait baisser la dette. C’est la BCE.
En trois ans, les sauvetages bancaires effacent une décennie d’efforts. La dette regagne dix-sept points de PIB. Les profits des années 2000 étaient privés. Les pertes de 2008 seront collectives.